Les acariens source d'allergies

Qui sont-ils ? Où vivent-ils ?

Les acariens sont des arthropodes microscopiques (entre 0,2 et 0,03 mm) appartenant à la classe des arachnides (comme les araignées ou les scorpions) et à l’ordre des acarina qui comprend également les tiques. Il en existe 5 familles, 18 genres et environ 50 000 espèces.

Les différentes parties du corps ont fusionné, ce qui rend la morphologie des acariens unique. On observe cependant 4 paires de pattes articulées, les pièces buccales constituant le capitulum (« petite tête ») séparé du reste du corps (appelé idiosome) par un sillon. De chaque côté du corps se trouve un stigmate servant à la respiration. Les acariens peuvent être ovipares ou ovovipares. Ils se développent par mutation et connaissent ainsi plusieurs mues (larve, nymphe) avant d’atteindre le stade adulte.

Ils se dispersent sur l’ensemble du globe fuyant les régions froides et sèches. Dans des conditions optimales (température de 26 à 30°C et humidité comprise entre 50 et 80%, comme en Polynésie), leur durée de vie est de 2 à 3 mois et ils se reproduisent jusqu’à 5 fois. On les trouve à l’intérieur des habitations, se nichent dans la poussière de maison, les pièces de literie, fauteuils et canapés, tapis, rideaux, jouets en peluche...

Les acariens vivent au sein d’une colonie de plusieurs milliers d’individus (1g de poussière peut renfermer jusqu’à 1500 acariens !) et passe une grande partie de leur vie à manger les squames, ongles et poils humains ou animaux (1,5 g de peau nourrit 1 million d’acariens !) de même que leurs propres déchets et même les cadavres de leurs congénères.

Sont-ils tous source d'allergies ?

Si un acarien est inoffensif pour l’homme et écologiquement utile, certaines particules (carapace, déjections, sécrétions, salives) qu’il produit, très volatiles, envahissent l’air ambiant et peuvent provoquer des réactions allergiques.

Seules quelques espèces d’acariens sont allergisantes :

  • Acarus siro
  • Lepidoglyphus destructor
  • Dermatophagoides microceras
  • Tyrophagus putrescentiae
  • Euroglyphus maynei

Et, particulièrement :

  • Dermatophagoides pteronyssinus
    Découverts en 1897, ils constituent l’espèce la plus répandue. La taille d’un adulte varie de 350 µm pour la femelle à 285 µm pour le mâle. Leur durée de vie moyenne est comprise entre 60 et 80 jours. Le développement du Dermatophagoide pteronyssinus dure 30 jours ; la femelle pond jusqu’à 120 œufs au cours de sa vie.

 
  • Dermatophagoides farinae
    Découverts en 1961, ils représentent la seconde espèce par leur abondance. Dermatophagoides farinae affectionne les tapis et tentures. Le mâle adulte peut atteindre 260 µm à 360 µm et la femelle 360 à 400 µm. Leur cycle de développement s’étend sur 35 jours et leur durée de vie avoisine les 70 jours. Une femelle pond jusqu’à 80 œufs dans sa vie.

 
  • Blomia tropicalis
    Découvert en 1973, le Blomia tropicalis est répandu dans les régions tropicales et subtropicales où il profite de conditions climatiques favorables. La taille d’un adulte varie de 320 µm à 460 µm pour la femelle et 246 µm à 405 µm pour le mâle. Il devient adulte en une vingtaine de jours et sa durée de vie moyenne est de 58 jours, pendant lesquels la femelle pond jusqu’à 28 œufs.
    Le Blomia tropicalis appartient au groupe des acariens non-pyroglyphides ou acariens de stockage. Si on a longtemps pensé que ces acariens de stockage se rencontraient d’abord en milieu agricole, ils sont aujourd’hui considérés comme l’un des principaux constituants de la poussière de maison.
    Il est prouvé scientifiquement que la responsabilité de Blomia tropicalis dans la survenue de symptômes allergiques est croissante dans le monde. Il peut être la cause de rhinite et d’asthme, parfois sévère.
    Blomia tropicalis présente des allergènes spécifiques d’espèce mais une faible réactivité croisée avec les autres acariens (Dermatophagoides pteronyssinus, Dermatophagoides farinae...).

 

Comment se manifeste les allergies ?

Le seuil allergénique moyen est de 100 acariens par gramme. Les allergies aux acariens ont été mises en évidence dans les années 1920 mais leur incidence semble croissante. 50% des réactions allergiques seraient ainsi dues aux acariens et 75% des allergies respiratoires leur seraient imputables.

Il a été démontré qu’une exposition prolongée aux acariens augmente le risque de sensibilisation. Par ailleurs, les personnes sensibilisées souffrent plus d’asthme que les personnes non sensibilisées, ce risque peut être multiplié par 5 chez les enfants.

L’allergie aux acariens se traduit pas une rhinite, une conjonctivite, de l’asthme et parfois par une dermatite atopique. Contrairement aux allergies dues au pollen, elle n’est pas saisonnière mais perannuelle et on note une recrudescence nocturne ou matinale.

 

Comment se protéger ?

De façon préventive, des mesures simples peuvent être prises pour diminuer la prolifération des acariens dans la maison :

• Préférer une literie synthétique, éventuellement complétée d’une housse anti-acariens de qualité médicale
Eviter les lits superposés, le dormeur du bas respirant les poussières tombant du lit supérieur
Avoir un sol lisse, lavable à l’eau, et supprimer les tapis
Avoir des murs lavables, sans tentures
Eviter les doubles rideaux trop épais
Avoir une penderie pour ranger ses vêtements, si possible dans un dressing
Préférer les peluches lavables
Limiter les bibelots
Interdire l’accès des chambres aux animaux domestiques et nettoyer régulièrement leur panier ou niche

Ces mesures environnementales ne seront efficaces que si elles s’accompagnent de mesures d’hygiène :

Chaque jour, aérer la chambre
Chaque semaine : laver la literie, passer l’aspirateur et laver le sol à l’eau, laver les peluches
Un produit anti-acariens peut être vaporisé régulièrement dans les dressings, sur les rideaux, dans les  paniers des animaux domestiques.

 

Qu’est-ce que la désensibilisation allergique ?

La désensibilisation est le seul remède efficace. Elle s’adresse aux patients présentant des tests cutanés positifs. Le traitement est prescrit par un médecin allergologue, il peut être administré par voie sous-cutanée ou sublinguale et se divise en deux phases :

phase initiale au cours de laquelle les doses de « vaccin allergénique » sont progressivement augmentées
phase d’entretien avec des prises à intervalles réguliers. Cette phase peut s’étendre sur plusieurs années.