maladies infectieuses

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MATAEA

En 2017, l’espérance de vie à la naissance était de 74,1 ans pour les hommes et 78,1 ans pour les femmes en Polynésie française (Pf). Les principales causes de mortalité sont les cancers et les maladies cardiovasculaires. Selon une enquête conduite en 2010, près de 70% de la population adulte est en surcharge pondérale, dont plus de 40% au stade d’obésité. Bien que l’incidence des maladies infectieuses tende à décliner, un fond de pathologies infectieuses liées aux conditions de vie (lèpre, tuberculose) ou endémiques (filariose) persiste. La Pf est également en proie à la survenue d’épidémies causées par des virus transmis par les moustiques (dengue, Zika, chikungunya). En outre, la collectivité, doit régulièrement faire face à des épisodes épidémiques de grippe, selon un calendrier échappant au profil saisonnier Nord-Sud. La Pf se caractérise également par la prévalence inhabituellement élevée de certaines pathologies: en 2017, 11 nouveaux cas de cancer primitif du foie associés à l’hépatite B ont été recensés. Le programme « Cartographie de l’état de santé de la population de la Polynésie française » (MATA’EA) a pour objectif de dresser un état des lieux de la santé des populations des différents archipels de la Pf et d’évaluer le poids de facteurs de risque contextuels (mode de vie, lieu de vie, historique d’infection) et de facteurs intrinsèques de susceptibilité (génétique, épigénétique, âge, sexe, microbiotes) vis-à-vis des maladies non-transmissibles (MNT), des maladies infectieuses et des pathologies chroniques. Basé sur le recrutement d’un peu plus de 2000 adultes (18-69 ans) résidant sur 18 îles des 5 archipels la Pf, l’étude comporte la réalisation d’une enquête médico-sociale au cours de laquelle les participants seront invités à répondre à un questionnaire sur leurs habitudes de vie et à se soumettre à des mesures anthropométriques. Elle comprend également la collecte d’échantillons biologiques (sang, salive, fèces) lesquels seront soumis à différents types d’analyses biologique, génétique et microbiologique. Les informations recueillies dans le cadre de l’enquête et les résultats des analyses biologiques contribueront à : 1) obtenir une série d’indicateurs permettant de dresser un bilan précis de l’état de santé des populations des différents archipels de la Polynésie française ; 2) identifier des facteurs de risque contextuels vis-à-vis des MNT, des maladies infectieuses endémiques et émergentes, des pathologies chroniques liées aux infections ou à l’exposition à des contaminants ; 3) déterminer l’impact de facteurs intrinsèques de susceptibilité au MNT et aux pathologies sévères ou chroniques liées aux infections. Les données apportées par l’étude permettront d’adapter/améliorer et augmenter l’impact/l’efficacité des mesures de prévention, de détection et de gestion du risque pathologique en Polynésie française.