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figure 1

Le programme ENIGM-Ciguatéra, mené en collaboration avec le Centre hospitalier de la Polynésie française, avait pour objectif de mieux documenter les formes chroniques de la ciguatéra et leur prévalence au sein d’une population de patients de Polynésie française hospitalisés des suites d’une intoxication, entre le 1er janvier 2010 et le 31 décembre 2015. Il visait notamment à mieux décrire les manifestations chroniques de la maladie et décrypter les mécanismes biologiques à l’origine de ces symptômes, dans l’objectif, in fine, de proposer des solutions (e.g. recommandations hygiéno-diététiques, etc.) aptes à soulager les patients.

Les premiers résultats ont indiqué que 23% des sujets présentaient des troubles persistants au-delà de 3 mois, prévalence relativement similaire à celle observée chez des patients souffrant de formes plus modérées de l’intoxication n’ayant pas nécessité d’hospitalisation.

Les données ainsi obtenues suggèrent que la nature et la sévérité du tableau clinique présent en phase aiguë de l’intoxication (e.g. dans les premières heures/jours qui suivent l’ingestion du repas toxique), le sexe, l’âge et les antécédents de ciguatéra du patient ainsi que la nature et la partie du poisson consommée (chair vs tête vs viscères) ne permettent pas de préjuger de la durée des symptômes. En revanche, la présence de facteurs de co-morbidité, tels que le diabète, ainsi que le tabagisme semblent favoriser ce phénomène.

Si les principales manifestations ressenties en phase chronique (Figure 1) sont d’ordre neurologique, celles-ci s’expriment dans la grande majorité de façon fluctuante, par poussées épisodiques favorisées par la consommation de certains aliments et boissons, ainsi que par certains comportements (pratique d’une activité physique intense, exposition au froid…) (Figure 2).

Figure 1 : Prévalences des manifestations rencontrées en phase chronique de la ciguatéra
Figure 2 : Facteurs d’origine alimentaire et comportementale responsables de la récurrence ou de l’intensification des manifestations de la ciguatéra

Figure 3 : Principales plantes, utilisées dans la pharmacopée traditionnelle, auxquelles ont eu recours les patients de l’étude.