Atteintes neurologiques associées aux intoxications par biotoxines marines en Polynésie française.

Titre: 
Atteintes neurologiques associées aux intoxications par biotoxines marines en Polynésie française.
Auteurs: 
GATTI C
Type de communication: 
Thèse
Année: 
09/2009

Thèse de biologie moléculaire, spécialité Physiopathologie, co-dirigée par le Dr Anne-Marie LEGRAND (ILM-LPM) et le Pr Marcel LEPENNEC (Université de la Polynésie française)

Ce projet de recherche impliquant la participation d’êtres humains a été mené avec l’approbation du Comité d’Ethique de Polynésie française et de l’Ordre des médecins de Polynésie française.

Résumé

Dans une première partie, le travail porte sur une analyse rétrospective de dossiers médicaux d'hospitalisation de patients intoxiqués par produits marins en Polynésie française, dans l'objectif d'obtenir une vision globale et la plus réaliste possible des différents ichtyosarcotoxismes présents sur le territoire polynésien, de leur déclinaison clinique, de leur évolution et de leur prise en charge. En plus de témoigner de la co-évolution de différents ichtyosarcotoxismes toxinologiquement distincts, cette étude révèle dans les cas sévères une forte proportion de signes neurologiques, témoignant dans certains cas, d'une part, d'une possible action centrale des toxines impliquées etd d'autre part, d'une possible implication de phénomènes auto-immuns.

En seconde partie, l'hypothèqe proposant de considérer les toxines marines comme déclencheurs potentiels d'un processus auto-immun dirigé contre le système nerveux périphérique est étudiée, ce mécanisme étant susceptible d'expliquer l'apparition, chez certains patients, d'atteintes neurologiques chroniques. A cet effet, dans deux cadres d'études différents, la recherche dans le sérum de patients souffrant de formes modérées chroniques d'intoxications d'auto-anticorps anti-neuronaux (anti-myéline, anti-myelin associated glycoprotein et anti-gangliosides) habituellement impliqués dans l'apparition et l'entretien de certaines neuropathies périphériques a été investiguée. La présence d'atteintes neurologiques préiphériques chroniques à prédispositions axonales, sensitives et sensitivomotrices affectant préférentiellement les membres inférieurs a été caractérisée au plan électrophysiologique sans que des taux décelables d'auto-anticorps aient été mis en évidence.

Ces travaux, tels des prolégomènes à l'exploration et la compréhension des manifestations neurologiques chroniques de certains cas d'ichtyosarcotoxisme, apportent de nouveaux éléments d'information et suggèrent la nécessité de poursuivre l'exploration physiologique d'une affection encore énigmatique amenée à se mondialiser.