Doctorat en Médecine - Université de Poitiers (France), 50 p.
Résumé
La lèpre existe encore en Polynésie française. La stratégie de lutte contre cette maladie repose sur la prévention secondaire.
De 1946 à 1987, 520 patients ont été mis en traitement. L'étude d'indicateues épidémiologiques précis (taux de prévalence, taux de détection global et spécifique en fonction de l'âge, du sexe, du lieu de naissance, de la forme de la lèpre, pourcentage de nouveaux malades porteurs d'infirmités de grade supérieur ou égal à 2, pourcentage des patients multibacillaires parmi le total des nouveaux malades, répartition des nouveaux cas détectés en fonction du mode de dépistage, l'âge moyen des patients détectés et enfin le taux de rechute de lèpre multibacillaire) sur les 42 années de la période 1946-1987 et sur les deux périodes de 21 ans : 1946-1966, 1967-1987, nous permet de mettre en évidence une régression de l'endémie lépreuse en Polynésie française. Cette régression est nette sur la période 1946-1966 en ce qui concerne la plupart des indicateurs épidémiologiques. Nous constatons également une baisse significative des taux de détection dans les archipels périphériques (sauf dans le sous-archipel des Marquises Sud), ainsi qu'un vieillissement progressif de la population touchée.
Le pourcentage de rechutes de lèpre multibacillaire parmi les sources de contamination ne varie pas de façon significative et pourrait, dans quelques années, constituer la source principale de contamination par M. leprae. La polychimiothérapie, instituée depuis le début des années 1980 apporte un espoir, puisqu'aucune rechute n'a à ce jour été constatée chez les patients ayant bénéficié de ce traitement.