Doctorat en Sciences - Océanologie biologique - Université Pierre & Marie Curie, 220 p.
Abstract
Par des prélèvements effectués au niveau de la crête récifale de l'île de Moorea (Polynésie française), la colonisation du milieu récifo-lagonaire par les larves de poissons n'est pas apparue comme un phénomène particulièrement stochastique. Au cours de cette colonisation, des cycles nycthéméraux et lunaires ont été mis en évidence. La colonisation est 20 à 30 fois plus importante la nuit que le jour et 4 fois plus forte lorsque la lune est absente que lors de sa présence. Ces cycles mettent en évidence un processus actif, précédant le recrutement et qui concerne essentiellement les larves âgées, capables de se métamorphoser. Les larves immatures, plus abondantes dans le milieu océanique, ne présentent pas la même distribution à petite échelle de temps. Par ailleurs, des résultats similaires ont également été mis en évidence sur d'autres îles du Pacifique Sud. L'analyse qualitative permet de constater que sur les 50 familles de poissons identifiées, les larves les plus abondantes sont des Gobiidae. Les Scaridae et les Labridae sont également obtenus en grand nombre. Il semble par ailleurs exister une variabilité mensuelle et annuelle des familles présentes. Quelques-unes possèdent des heures préférentielles de colonisation, mais la plupart d'entre elles arrivent d'une façon groupée, ces assemblages de larves d'un même type pourraient atteindre plusieurs mètres de côté. L'ensemble du déterminisme de cette colonisation semble très étroitement lié à l'activité des prédateurs. Il est apparu que plus de 90% de ces larves disparaissent durant les jours suivant leur installation, ce qui expliquerait le modèle de colonisation nocturne. La prédation apparaît alors comme le seul processus capable d'expliquer cette différence d'abondance. Elle serait à l'origine de la densité moyenne des populations ichtyologiques de ce récif. Toutefois les variations du recrutement seraient quand même la cause des fluctuations de densité et détermineraient également la diversité spécifique.