Effets de l'association de l'ivermectine et de la diethylcarbamazine pour le contrôle de la filariose de Bancroft, étude compara

Titre: 
Effets de l'association de l'ivermectine et de la diethylcarbamazine pour le contrôle de la filariose de Bancroft, étude comparative de quatre stratégies en Polynésie française.
Auteurs: 
Dumaret J
Type de communication: 
Thèse
Année: 
01/1998

Doctorat en Médecine - Université Paris VII (France), 91 p.

Résumé

De 1994 à 1996, 4 stratégies communautaires ont été évaluées à Tahaa (Iles-sous-le-Vent - Polynésie française) dans le cadre du contrôle de la filariose lymphatique due au Wuchereria bancrofti var. pacifica. Les stratégies, basées sur l'utilisation de doses uniques annuelles de diéthylcarbamazine (DEC) et/ou d'ivermectine (IVR), sont les suivantes : (1) IVR 400μg/kg + DEC 6mg/kg, (2) IVR 400μg/kg, (3) DEC 6mg/kg, (4) IVR 400μg/kg + DEC 3mg/kg. L'île de Tahaa a été découpée en 4 zones géographiques distinctes, chacune a été traitée par une de 4 stratégies. La population éligible concerne tous les habitants âgés de 3 ans ou plus, à l'exception des femmes enceintes. Tous les habitants consentant ayant 20 ans ou plus ont eu un prélèvement de sang veineux avant chaque traitement. Les critères de jugement sont basés sur (i) la prévalence des porteurs de microfilaires (mf) (ii) la densité microfilarémique chez ces porteurs (iii) l'antigénémie (Og4C3) (iv) l'intensité des réactions adverses et (v) l'acceptabilité de la population. Après 2 traitements annuels, la prévalence des porteurs était réduite de 61%, 16%, 31% et 52% respectivement pour la stratégie 1, 2, 3 et 4. De même, la microfilarémie résiduelle était respectivement de 1,6% du niveau initial, 14,2%, 7,4% et 2,5% pour la stratégie 1, 2, 3 et 4. Quant à l'antigénémie, elle était entre 17% et 24% du niveau de 1994 pour toutes les stratégies contenant la DEC et significativement plus basse qu'avec la stratégie basée sur IVR seule (65%). L'acceptabilité reste excellente après 2 ans d'étude et l'intensité des réactions adverses est corrélée à l'importance de la densité parasitaire et non à la nature du traitement. Les meilleures stratégies annuelles sont celles basées sur l'utilisation concomitante de la DEC et de l'IVR. Ces stratégies sont des outils extrêmement efficaces pour le contrôle de la filariose lymphatique en tant que problème de santé publique.