Doctorat en Microbiologie - Université de Jussieu (Paris, France), 123 p.
Abstract
La filariose lymphatique est la deuxième cause de handicap dans les zones tropicales. 120 millions d'individus sont infectés dans le monde, 90% par la filaire Wuchereria bancrofti et 10% par Brugia malayi. En Polynésie française, W. bancrofti est transmise par le moustique Aedes polynesiensis. Notre objectif est de caractériser les réponses immunitaires de l'hôte aux antigènes de filaires.
Le développement de techniques de détection des vers adultes chez l'homme a permis une caractérisation plus précise des individus en fonction de leur statut parasitaire. Ainsi on détecte dans une population endémique des individus porteurs de microfilaires et de vers adultes, des individus porteurs uniquement de vers adultes, et des individus non parasités.
En premier lieu, nous avons montré que ces trois groupes d'individus sont caractérisés par leur profil d'anticorps antifilariens, ceci indépendamment de la présence ou non de pathologies lymphatiques. Les titres en isotypes reflètent l'intensité de la transmission.
Ensuite, nous avons recherché des antigènes de filaires d'intérêt diagnostique ou vaccinal. Nous avons tenté sans succès de valider une protéine recombinante, MBP-WbN43, comme marqueur de résistance à l'infection des individus polynésiens. En revanche, nous avons identifié un antigène immunodominant de filaire, la paramyosine, par criblage d'une banque d'ADN complémentaires de larves L3 de B. malayi avec un sérum anti-L3 de W. bancrofti. La séquence nucléotidique complète du gène et la protéine recombinante correspondante obtenue en fusion avec la glutathione-S-transférase ont été déterminées. Seuls les individus porteurs de vers adultes de W. bancrofti ont des IgG4 réagissant avec la paramyosine recombinante. Ces anticorps peuvent être utilisés comme marqueurs de la réduction du nombre de vers adultes après traitement filaricide.
Enfin, les réponses immunitaires ont été étudiées chez un hôte expérimental, la souris BALB/c, inoculée avec les stades L3 ou microfilaires de la filaire Brugia pahangi. Le rôle de l'interleukine-4 (IL-4) a été précisé dans la réponse cellulaire après une infection par des L3 en utilisant des souris déficientes en IL-4.
Cette étude a permis d'appréhender le rôle des antigènes de filaires comme un des multiples déterminants de la complexité des relations hôte/parasite.