Interactions entre le virus de la dengue et l'hématopoïèse.

Titre: 
Interactions entre le virus de la dengue et l'hématopoïèse.
Auteurs: 
Murgue B
Type de communication: 
Thèse
Année: 
01/1998

Doctorat en Sciences - Biologie des cellules sanguines - Université Paris VII (France), 111 p.

Abstract

Le virus de la dengue est un virus enveloppé constitué d'un ARN monocaténaire de polarité positive, transmis à l'homme par des moustiques hématophages. Selon les critères de l'OMS, l'infection se traduit par un syndrome algo-fébrile banal ou par une forme sévère : hémorragique pouvant aboutir à un choc hypovolémique parfois mortel. Quelle qu'en soit la sévérité, l'infection est fréquemment associée à des perturbations hématologiques telles que leucopénie et thrombopénie. Comme le suggèrent les données de la littérature, leur origine est liée à une atteinte médullaire.

Afin de préciser le mécanisme responsable de l'hémétosuppression observée in vivo, nous avons étudié les effets de 5 isolats cliniques sur le potentiel clonogénique des progéniteurs hématopoïétiques, provenant des cellules mononucléées du sang du cordon. Nous avons montré que l'infection des cellules induisait une baisse de la clonogénicité des progéniteurs hématopoïétiques, dépendant de la souche virale et de la dose infectieuse. Le mécanisme de l'atteinte clonogénique des progéniteurs n'est pas lié à une action directe du virus sur les progéniteurs mais à un mécanisme indirect dans lequel la chimiokine MIP-1α, mais non le TGF-β et le TNF-α, serait impliquée. Il n'existe pas de relation entre cette augmentation de MIP-1α observée in vitro et les données obtenues lors des dosages plasmatiques de MIP-1α réalisés chez 52 patients hospitalisés durant la récente épidémie de dengue 2 à Tahiti. Par contre, TGF-β1 est plus élevé durant les trois premiers jours de la maladie, chez les patients ayant présenté une forme sévère de l'infection. Ces données suggèrent (1) qu'au niveau de la moelle osseuse, le mécanisme à l'origine de l'hypocellularité serait lié, au moins partiellement, à une sécretion in situ de MIP-1α et (2) que TGF-β1 pourrait constituer un marqueur biologique prédictif de l'apparition des formes sévères.