La filariose lymphatique, maladie parasitaire due à la filaire Wuchereria bancrofti, est une parasitose endémique en Polynésie française, elle constitue un problème de santé publique récurrent et re-émergent.
Les autorités de santé du Pays ont adhéré en fin 1999 au Programme régional d’élimination de la filariose lymphatique dans le Pacifique (PacELF). Ce programme est basé sur une distribution annuelle de diéthylacarbamazine (DEC 6 mg/kg) et d’albendazole (ALB 400 mg) à toute la population, distribution organisée par la Direction de la santé.
Les mesures d’impact recueillies périodiquement dans les sites sentinelles entre 2000 et 2006 n’ont pas montré l’efficacité escomptée.
Evaluation de la situation actuelle au travers de trois sites sentinelles
Il devient nécessaire au terme de 8 années de traitements communautaires, de connaître la situation globale de l’endémie filarienne en Polynésie française en 2008 afin de décider de la suite de la stratégie de lutte antifilarienne. Ceci est d’autant plus important que les dernières données épidémiologiques sur la filariose lymphatique sur l’ensemble de la Polynésie française remontent au début des années 1980.
L’objectif de cette étude est d’estimer la prévalence globale, et par zone géographique, de la filariose lymphatique afin de vérifier si l’objectif d’élimination de cette parasitose est atteint ou non en Polynésie française selon les critères définis par le programme régional PacELF.
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Recherche des antigènes de filaire adulte dans le sang
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Recherche des microfilaires dans le sang
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En collaboration avec...
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Projet mené par le Pr E. OTTESEN
L’ambitieux « Global Programme to Eliminate Lymphatic Filariasis (GPELF) », basé sur une stratégie de traitement communautaire annuel des populations à risque, après une phase d’action très efficace dans les pays de forte endémie, doit maintenant envisager les adaptations nécessaires avant d’aborder la phase finale. Il a été reconnu que de nouvelles actions de recherche opérationnelle devaient être mises en œuvre. Un programme intitulé « Resolving the Critical Challenges Now Facing the Global Programme to Eliminate Lymphatic Filariasis” (2006-2010), financé par la Bill and Melinda Gates Foundation (BMGF), a été mis en place. Il comporte les 8 objectifs suivants :
L'ILM, comme 8 autres pays, participe à l'objectif 1 de ce programme. Dans chaque pays, des prélèvements biologiques (sang et urine) et des collectes de moustiques sont réalisés. La population d’un site sentinelle de 1000 habitants (de tous âges supérieurs à 3 ans) et un groupe de 350 enfants scolarisés (tranches d’âge 6-7 ans et 10 ans) ont été testés (recherche des microfilaires et des antigènes de vers adultes dans le sang, recherche des anticorps anti-filaires dans sang et urine). Dans ce même site, à l’aide de pièges adaptés, 4000 Aedes polynesiensis (vecteur) et 4000 Culex quinquefasciatus (non vecteur) ont été collectés pour la recherche du parasite.
Les données recueillies permettront :
d'étudier et comparer la validité des tests de laboratoire disponibles afin d’identifier le ou les meilleur(s) outil(s) de suivi de l’élimination de la filariose au plan mondial ;
d'estimer la prévalence de l’infection, le niveau d’exposition aux piqûres de moustiques infectantes et le niveau de transmission dans la population humaine du site étudié.
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Comparaison et validation des outils de surveillance de l'endémie
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En collaboration avec...
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Surveillance biologique et entomologique de la filariose : mise au point et validation de la détection de larves de Wuchereria bancrofti dans les moustiques (Aedes polynesiensis, Culex quinquefasciatus) et dans le sang des patients par PCR en temps réelChef de projet : Catherine PLICHART La recherche de l’ADN parasitaire dans les vecteurs par amplification génique, mise au point par le laboratoire, présente un intérêt pour étudier l’évolution de la transmission du parasite. Les premiers essais pour suivre la situation sur le terrain grâce à l’estimation du taux d’infection à partir de lots de moustiques (Ae. polynesiensis) ont été réalisés ces dernières années par PCR conventionnelle et détection des amplicons par électrophorèse sur gel. La mise au point d’une méthode par PCR en temps réel permettra un gain de temps, une meilleure spécificité de la méthode de détection pour un suivi plus efficace des actions de santé publique. Par ailleurs, l’extension de la détection à l’espèce C. quinquefasciatus donnera des informations sur son niveau d’infection. Quant à la recherche du parasite dans la population humaine, la microfilarémie, concentration des microfilaires dans le sang, est classiquement déterminée par comptage direct des microfilaires, après coloration. La mise au point d’une PCR quantitative permettra d’obtenir une valeur de microfilarémie à partir de la concentration d’ADN parasitaire dans le sang frais ou congelé, pour le suivi de l’élimination de W. bancrofti chez les patients traités. |
PCR en temps réel
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Avec la participation de...
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Projet piloté par le Pr S. DOBSON (Université du Kentucky)
Chef de projet à l'ILM : H. BOSSIN (ILM-LEM)
Participation à des essais de lutte focalisée par le biais de lâchers de moustiques mâles infectés par une bactérie Wolbachia différente de la souche présente dans la population naturelle. Induction d’une réduction de la population du moustique Aedes polynesiensis grâce au phénomène d’incompatibilité cytoplasmique entre mâle et femelle.
Le LPM contribue à ce programme par :
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| Tri des moustiques |
Détection de l'ADN de filaires dans les moustiques
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Lors d’un programme de détection et de typage de bactéries mené au cours de la période 2002-2004 (voir publication 2005), la présence d’une bactérie endocelluaire Wolbachia dans la filaire responsable de la filariose lymphatique en Polynésie a été démontrée.
Cet élément nouveau conduit à une réflexion et à l’élaboration de nouveaux programmes qui devront être soumis au prochain Conseil Scientifique de l’Etablissement.