En Polynésie française, le moustique Aedes polynesiensis est le principal vecteur de la filariose de Bancroft pour laquelle seul l’homme constitue un réservoir. L’absence de réservoir animal implique que la transmission de cette maladie puisse être interrompue par l’élimination des microfilaires. C’est sur ce seul principe de traitement thérapeutique communautaire que repose actuellement le programme mondial d’élimination de la filariose.
Le programme de traitement thérapeutique communautaire régional destiné à éradiquer la filariose lymphatique du Pacifique Sud (programme PacElf) qui semble être un succès dans les zones où la transmission est assurée par des moustiques Anopheles ou des Culex reste d’un impact relativement modéré en Polynésie française où la transmission est assurée par Aedes polynesiensis.
Les moustiques étant les seuls vecteurs de la filariose, une stratégie complémentaire d’élimination des populations de vecteurs a été proposée pour rompre définitivement le cycle de transmission de la filariose.
Les stratégies conventionnelles de lutte anti-vectorielle ne sont cependant pas efficaces contre Aedes polynesiensis. Fort heureusement, de récentes avancées scientifiques et techniques sont à l’origine d’une stratégie de lutte anti-vectorielle innovante et durable devant permettre à terme l’élimination du vecteur Aedes polynesiensis dans des sites sélectionnés des archipels polynésiens.
Cet axe de recherche se justifie par le besoin pressant d’améliorer le contrôle de l’endémie.
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| Identification de specimens collectés sur le terrain | Echantillonnage de moustiques sur le terrain |
L’objectif de ce programme est de réduire de façon durable, voire d’éliminer, une population isolée d’Aedes polynesiensis par des lâchers répétés de moustiques mâles incompatibles. D’une durée de cinq ans, cette étude d’une méthode de lutte biologique comprend des tests en laboratoire, en serres expérimentales, puis en milieu naturel. L’étude de la dynamique des populations de moustiques sur trois motu pilotes de l’île de Raiatea (Iles-sous-le-Vent) est en cours.
Une comparaison des caractéristiques intrinsèques des populations naturelles de moustiques et de la colonie IC en termes de dynamique des populations, de fitness, de compétitivité des mâles et de la compétence vectorielle des femelles.
La caractérisation des populations naturelles d’Aedes polynesiensis sur les sites de lâchers (motu Toamaro, Tiano et Horea) sélectionnés autour de l’île de Raiatea. Le suivi de ces populations isolées se poursuivra pendant et après la campagne d’élimination.
La démonstration de l’efficacité de la stratégie en conditions semi-naturelles avant de procéder aux essais sur le terrain.
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En collaboration avec...
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Devant la moindre capacité des méthodes anti-vectorielles conventionnelles à contrôler les Aedes vecteurs de la filariose lymphatique, due notamment à la faible accessibilité des gîtes de développement larvaire, le présent programme se propose de développer plusieurs outils innovants de lutte biologique et chimique respectueux de l’environnement et de mesurer leur efficacité sur le terrain.
Les bénéfices attendus de cette étude de faisabilité résideront dans la mise à disposition d’outils supplémentaires permettant l’élimination de la filariose dans les régions du Pacifique Sud où le traitement thérapeutique seul est insuffisant.
Une fois validée dans les sites sélectionnés, cette technologie pourrait être mise en œuvre dans d’autres îles des archipels polynésiens et appliquée à d’autres régions du Pacifique où Ae. polynesiensis est le principal vecteur de la filariose.
Cette technologie pourrait être également appliquée à l’élimination de populations de moustiques (Aedes aegypti, Aedes albopictus) vecteurs d’autres maladies (dengue, chikungunya) dans des régions appropriées à travers le monde.
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| Evaluation de pondoirs pièges biodégradables | Collecte de larves de moustiques dans un terrier de crabe de type Cardisoma carniflex |
Entretien d'une colonie de moustiques au laboratoire |
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En collaboration avec... La réalisation de ces recherches associe les équipes du Laboratoire de recherche en entomologie médicale (LEM), du Laboratoire de recherche en parasitologie médicale (LPM) et du Centre de consultation médicale et d’investigation épidémiologique (CIE) de l’Institut Louis Malardé à de nombreux collaborateurs internationaux parmi lesquels :
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