Les analyses microbiologiques

Les analyses microbiologiques permettent de mettre en évidence et de quantifier les germes (bactéries) ou les virus.

Il est important de connaître la charge bactérienne d’une eau ou d’un aliment. En effet, la présence de bactéries dans une eau non désinfectée est fréquente. Cependant, certains sont dangereux car ils sont à l’origine de maladies chez l’homme. On les qualifie de pathogènes (salmonelles, cryptosporidie…). La recherche de ces bactéries étant complexe et onéreuse, la qualité de l’eau est contrôlée par la mise en évidence d’indicateurs d’hygiène tels que les Escherichia Coli, les entérocoques… dont la présence laisse supposer la présence éventuelle de bactéries pathogènes.

La microbiologie alimentaire

En analyse microbiologique, la technique classique consiste à cultiver les germes présents dans l’échantillon analysé sur un substrat nutritif (milieu de culture), dans les conditions optimales (température d’incubation) pour qu’elles se reproduisent. Après un temps variable, les colonies de germes sont suffisamment importantes pour être identifiées et dénombrées visuellement.

Analyse microbiologique de lait     Dénombrement des colonies de germes

Il existe plusieurs milieux nutritifs spécifiques à un germe particulier, on parle de milieu sélectif. Ainsi, lors de l’incubation, se développent exclusivement les colonies de germes spécifiques au milieu utilisé. Il suffit ensuite de dénombrer ces colonies pour donner le résultat, qui est exprimé le plus souvent en nombre de germes par la quantité de produit utilisée, c’est le résultat d’une analyse quantitative.

Certaines techniques, que l’on qualifie de qualitative, permettent de mettre en évidence la présence, ou l’absence, d’un germe défini sans pour autant en donner le nombre. Le résultat est exprimé par la mention « Présence » ou « Absence ».

En microbiologie alimentaire, le technicien opère sur des matrices solides (denrées brutes, produits semi-finis, aliments cuisinés…) qu’il est nécessaire d’homogénéiser pour les rendre le plus liquide possible. Une fraction de ce liquide (on parle d’un inoculum) est ensuite utilisée pour mettre en culture les germes susceptibles d’être présents dans le produit initial.

La microbiologie de l'eau

En microbiologie de l’eau, la matrice initiale étant déjà sous forme liquide (eau d’alimentation, eau embouteillée, eau de baignade, eau de piscine…), le technicien procède à une filtration de l’échantillon au travers d’une membrane. Cette membrane agit comme un tamis, elle possède des mailles suffisamment petites (p.e. 0.45 µm, c’est-à-dire 0.00045 mm !) pour empêcher aux germes de la traverser. La membrane contenant les germes en surface est placée sur un milieu nutritif dans une boîte de pétri et l'ensemble est incubé en étuve thermostatique à la température idéale de développement. Ensuite, comme pour la microbiologie alimentaire, les colonies sont identifiées ou dénombrées.

Filtration de l'eau

Les dernières innovations technologiques utilisent les propriétés de l’ADN pour identifier les germes. De manière schématisée, on peut comparer l’ADN à une longue chaîne constituée d’une succession de maillons. Ces maillons ne peuvent être constitués que de quatre bases fondamentales : Adénine, Thymine, Guanine, Cytosine. En fonction de l’ordre dans lequel ces quatre bases s’enchaînent, on obtient une séquence bien particulière (p.e. : Guanine-Thymine-Cytosine-Guanine-Guanine-Adénine-…). Il suffit  de détecter certaines séquences bien spécifiques à un germe pour l’identifier. Cette méthode d’identification est celle utilisée par la PCR.

Une autre technique qui utilise les propriétés de l’ADN est le typage moléculaire. Dans ce cas, l’ADN du germe est extrait et la séquence est directement comparée à une banque de données. Dans le cas où une identification est positive, on peut identifier le germe de manière quasi certaine.

En savoir plus sur l'ADN

En savoir plus sur la PCR

La microbiologie des produits industriels

Le LASEA réalise également des contrôles microbiologiques sur des produits à usage ménager (détergents, produits assouplissants…), des matériaux plastiques entrant en contact avec les aliments (bouchons en plastique) ou des produits cosmétiques (huiles végétales, produits de gommage…) à la demande des industriels locaux.

Bien que ces produits ne soient pas destinés à la consommation humaine, les contrôles analytiques effectués sont des indicateurs de qualité puisqu’ils permettent de vérifier que le processus de fabrication est réalisé dans de bonnes conditions sanitaires.

Ce type de contrôle assure en outre aux industriels une garantie supplémentaire sur la conservation du produit et son efficacité lors de l’utilisation.

Contrôles de qualité sur des produits industriels